Portrait de Gilles LANGELLOTI

Gilles LANGELLOTI

60 ans de vie vraie, deux AVC, quarante ans de patience — et une conviction : l'argent qui a du sens est le seul qui tient.

Ce qui me définit

Adjectifs

Résilient, coopératif, engagé, spirituel, tenace, authentique, chaleureux, audacieux Mais aussi : bosseur, relationnel, charismatique, enthousiaste, curieux, spontané, bavard, persévérant, profond, gourmet

Mes valeurs

La coopération, l'amour inconditionnel, la foi, la transmission, le sens, la liberté, la loyauté

Je m'appelle Gilles Langellotti, j'ai plus de 60 ans, et si je devais résumer ma vie en une phrase, ce serait quelque chose comme : j'ai survécu à peu près à tout, et du coup j'ai fini par comprendre pourquoi. Je ne suis pas quelqu'un qui a eu un parcours lisse — bien au contraire — mais c'est précisément ce qui fait qu'aujourd'hui, quand je parle d'investissement avec du sens, je ne récite pas un argumentaire, je te parle de ce que j'ai traversé pour arriver là. Ce que je te propose dans ces quelques pages, c'est de me laisser te raconter quelques histoires vraies, parfois difficiles, parfois un peu folles, et qui expliquent mieux que n'importe quel CV pourquoi je fais ce que je fais.

Chapitre I

Né deux fois — et ça, ça forge quelque chose

BD chapitre 1

Je suis né en 1960, en Tunisie, et honnêtement, j'aurais pu ne jamais voir le jour. À la naissance, j'avais le cordon autour du cou, j'étais cyanosé, et il a fallu les forceps pour me sortir de là. Mon père, paraît-il, avait menacé le médecin de mort si ma mère ou moi n'en réchappions pas — et quand je dis menacé, c'est pas une façon de parler, c'était mon père, et il était comme ça. J'ai passé deux jours en couveuse, entre la vie et autre chose, dans ce silence particulier des premières heures où rien n'est encore joué.

Et puis, à six mois, rebelote. Je fais un arrêt respiratoire, et par erreur — une vraie cagade médicale — on m'administre un neuroleptique contre-indiqué avant 16 ans. Un truc qui aurait pu me tuer une deuxième fois avant même que j'aie commencé à marcher. Et pourtant, me voilà.

Ce que cette double survie a laissé dans mon corps, c'est entre autres 13 implants dentaires, parce que le calcium ne s'est jamais correctement fixé sur mes dents à cause de ce neuroleptique. Ma première dent, je l'ai perdue à 9 ans en gonflant un ballon de piscine — t'imagines, un ballon de piscine — et ça a continué comme ça pendant des décennies. C'est un peu le genre de détail qui te rappelle régulièrement, concrètement, dans ta chair, que tu as failli ne pas être là.

Je ne te raconte pas ça pour qu'on s'apitoie ensemble sur mon sort, hein, c'est clair. Je te raconte ça parce que je crois sincèrement que naître deux fois dans les six premiers mois de ta vie, ça installe quelque chose de profond dans ta façon d'être au monde. Une espèce de résistance, de ténacité un peu irrationnelle, et en même temps un sentiment diffus mais constant que cette vie-là, elle est là pour quelque chose, qu'elle a un sens à accomplir coûte que coûte. C'est pas de l'arrogance, c'est plutôt une boussole intérieure que j'ai portée sans toujours la comprendre, et qui m'a guidé dans les moments où j'aurais pu tout lâcher. Et il y en a eu, des moments comme ça, tu vas voir.

La morale

Naître deux fois en six mois installe une boussole intérieure qui guide vers le sens coûte que coûte.

Chapitre II

L'enfant battu que personne n'a vu — pas même lui

BD chapitre 2

Voilà une histoire qui est, entre guillemets, un peu particulière à raconter, parce qu'elle concerne des souvenirs que je n'ai pas. Ou plutôt, que mon cerveau a effacé pour me protéger. Entre 0 et 16 ans, c'est le vide. Pas de souvenirs d'enfance chaleureux, pas de souvenirs douloureux non plus — juste rien. Un état émotionnel neutre, sans ressentis vraiment chauds ni vraiment douloureux. Pendant des décennies, j'ai cru que c'était simplement ma nature, que j'étais quelqu'un de peu émotif, voilà.

C'est à 59 ans que j'ai compris ce qui s'était vraiment passé. Ma mère et mon frère m'ont révélé des épisodes dont je n'avais aucune mémoire. Un en particulier m'a arrêté net : à 8 ans, j'avais volé 10 francs. Ma mère le savait. Mais elle n'a pas dit un mot à mon père, parce qu'elle avait peur — une peur réelle, physique — qu'il me tue. Elle a gardé ce secret pendant plus de 50 ans pour me protéger. Et mon frère m'a parlé d'une grosse correction à 16 ans dont je n'avais, moi, absolument aucun souvenir. Zéro. Comme si ça ne s'était pas passé.

Mon père était, uniquement en famille, un homme effrayant. Le genre à crier à quelques centimètres de ton visage, et quand je dis quelques centimètres, je veux dire que tu sentais son souffle et que tu ne pouvais pas reculer. J'ai mis 42 ans à lui poser une limite verbale pour la première fois — 42 ans — et c'était déjà quelque chose d'immense pour moi à l'époque.

Ce que j'ai compris à 59 ans, c'est aussi pourquoi j'avais une relation aussi compliquée avec l'argent. Pendant longtemps, j'avais une croyance inconsciente, bien enfouie, que gagner beaucoup d'argent était dangereux. Comme si quelque chose en moi associait l'abondance à une menace. Et là, en faisant le lien avec cet épisode des 10 francs volés, avec la peur de ma mère, avec la violence de mon père — tout ça s'est éclairé d'un coup. C'est chaud à réaliser, vraiment, parce que tu te rends compte que des schémas installés dans ton enfance peuvent gouverner ta vie entière à ton insu, sans que tu en aies le moindre souvenir conscient. Et paradoxalement, comprendre ça — même à 59 ans, même des décennies après — ça libère quelque chose. Comme si on déposait un poids qu'on portait sans savoir qu'on le portait.

La morale

Des schémas enfouis dans l'enfance peuvent gouverner toute une vie à notre insu, jusqu'à ce qu'on les nomme enfin.

Chapitre III

Dominique — aimer quelqu'un jusqu'à son dernier souffle

BD chapitre 3

Le 1er juin 1996, je suis à Toulouse pour un déjeuner d'affaires, et ce soir-là Toulouse gagne sa première Coupe d'Europe de rugby. La ville est en fête, il y a du monde partout, une énergie dans l'air que tu sens jusque dans les rues. C'est dans ce contexte-là que je rencontre Dominique. Elle a 13 ans de plus que moi, elle a déjà traversé deux cancers, et au milieu du dîner — pas à la fin, au milieu, entre deux plats — elle me regarde et elle me dit : "Gilles, je ne sais pas toi, mais pour moi, tu es l'homme de ma vie."

T'imagines le truc. J'ai accueilli cette belle déclaration avec plaisir, sans trop savoir quoi ajouter. Ce que je sais, c'est qu'on a fini par oublier mes clés dans ma voiture bloquée par la fête, qu'on a passé la nuit ensemble — en tout bien tout honneur, je précise — et qu'on ne s'est plus quittés pendant 10 ans et demi.

Dominique avait été trahie trois fois par des hommes importants dans sa vie — son père, son mari, son frère — et quelque part, au fond d'elle, elle ne croyait pas vraiment qu'elle était aimable. Pas au sens où on le dit en passant, mais vraiment, profondément. Et du coup, notre relation a été pour moi quelque chose de bien plus grand qu'une histoire d'amour ordinaire. Pendant les quatre dernières années de sa vie, je me suis occupé d'elle seul : les courses, le ménage, les soins, et le travail en parallèle de 5h du matin jusqu'à minuit pour que tout tienne. Quatre ans d'abstinence complète, par choix, parce que ma focalisation était totale sur elle et sur ce qu'elle traversait. Une vraie transmutation de la sexualité en service à l'être aimé.

Je me souviens d'un moment en particulier, 15 jours à peine avant qu'elle parte, pendant que je la lavais. Elle savait depuis deux mois qu'elle ne passerait pas Noël, et pourtant elle m'a regardé et elle m'a dit : "Je n'échangerai pas ma place pour tout l'or du monde." Dans ce moment-là, avec l'odeur de la pièce, la lumière du matin, sa voix qui était déjà plus tout à fait la même — j'ai compris quelque chose que je n'aurais pas pu formuler avant.

La veille de sa mort, j'ai fait 1000 tours de la statue de la Vierge à Lourdes. Et le 6 décembre 2006, j'ai choisi de la laisser partir comme elle le souhaitait, en position de yoga à son chevet, pendant deux heures, à l'accompagner dans son dernier souffle. C'est la chose la plus difficile et la plus belle que j'aie jamais faite. Aimer quelqu'un jusqu'à cet endroit-là, c'est lui offrir ce qu'elle n'avait jamais cru mériter : la certitude absolue qu'elle était aimable. Et ça, aucune trahison ne peut le lui enlever.

La morale

Aimer quelqu'un jusqu'à son dernier souffle, c'est lui offrir ce qu'il n'a jamais cru mériter : la certitude d'être aimable.

Chapitre IV

Cinq ans dans le vide — quand la vie t'envoie des signaux de plus en plus forts

BD chapitre 4

À partir de 2013, quelque chose a commencé à se passer dans ma vie que je n'ai pas su lire sur le moment. En août de cette année-là, 100 000 euros arrivent sur mon compte de façon totalement inattendue. Pour moi, à l'époque, c'était un signal — que je comprends aujourd'hui — pour que je ralentisse, que je descende en moi, que je prenne le temps d'une vraie traversée intérieure. Mais je n'ai pas compris. J'ai continué à foncer, et cet argent a fondu en 18 mois. Volatilisé.

En août 2015, premier AVC. Un AIT, comme on dit, avec un impact sur le langage — et si tu as déjà cherché tes mots sans les trouver, sans savoir pourquoi, tu sais que c'est une expérience qui te fait froid dans le dos. Puis en février-mars 2016, en l'espace de quelques semaines, je perds simultanément mes trois sources de revenus. Les trois, d'un coup. Là, c'est chaud. Vraiment chaud. Et ce qui suit, c'est cinq ans d'errance financière, 65 000 euros de dettes accumulées, et une période que j'appelle ma nuit noire de l'âme — de mai à novembre 2017, un travail en profondeur sur ce que j'appelle mes hommes d'ombre, ces parts de moi que je n'avais jamais vraiment regardées en face.

Et puis en 2022, comme si l'univers voulait s'assurer que le message était bien passé, je rate trois avions sur quatre. Trois. Et un jour sur l'autoroute, à 110 km/h, je perds une roue. Une roue entière qui se détache pendant que je roule. Je suis encore là pour en parler, du coup. Et en janvier 2023, second AVC.

Ce qui est un truc de fou, c'est qu'au milieu de tout ça, le 4 mai 2020, je me retrouve à écrire automatiquement un poème en rimes sur une feuille jaune, sans une seule rature, que j'ai intitulé "Conversation avec Dieu". Je ne l'avais pas prémédité, ça s'est juste passé comme ça, et quand j'ai relu ce que j'avais écrit, j'ai compris que quelque chose en moi avait enfin commencé à écouter. Le tournant financier est survenu le 5 mai 2021 : 250 000 euros gagnés en un an et demi.

Je ne te raconte pas cette période pour faire le dramaturge de ma propre vie, mais parce que j'y crois vraiment : quand on n'écoute pas les signaux doux que la vie envoie, elle en envoie des plus forts. Et des plus forts encore. Jusqu'à ce qu'on n'ait plus d'autre choix que de s'arrêter, de descendre en soi, et de regarder ce qu'on y trouve. C'est pas forcément confortable comme voyage, mais c'est le plus utile que j'aie jamais fait.

La morale

Quand on ignore les signaux doux, la vie envoie des signaux plus forts, jusqu'à ce qu'on descende enfin en soi.

Chapitre V

40 ans comme le bambou — et pourquoi la coopération n'est pas un gros mot

BD chapitre 5

J'ai commencé le marketing relationnel, ou de réseau, à 21 ans. Et j'ai commencé à vraiment gagner de l'argent avec à 61 ans. Quarante ans d'écart. Quand je dis ça comme ça, les gens me regardent parfois avec un mélange de compassion et d'incompréhension, du genre "mais t'as pas lâché l'affaire ?" Et ma réponse, c'est toujours la même : tu connais le bambou ?

Le bambou, il reste sous terre pendant quatre ans. Quatre ans sans qu'on voie quoi que ce soit pousser. Et puis un jour, il pousse d'un mètre par jour. D'un mètre par jour. Ce qui se passait sous terre pendant ces quatre ans, c'était le développement d'un système racinaire d'une solidité extraordinaire, capable de supporter ensuite une croissance que rien ne peut arrêter. Moi, j'ai été en terre pendant quarante ans. Et si tu veux, par rapport à ça, je ne considère pas que j'ai perdu quarante ans — j'ai développé des racines.

Ce qui m'a maintenu pendant tout ce temps, au-delà de la ténacité, c'est une valeur que j'ai identifiée très tôt et qui est au cœur de ce modèle : la coopération. En marketing relationnel, tu ne réussis vraiment que si tu aides ceux qui sont autour de toi à réussir. C'est structurel. Et ça, ça résonne profondément avec ce que je suis, parce qu'en 1994, lors d'un bilan de compétences, on m'avait dit que j'étais à 40% entrepreneur et 40% social — un profil qu'on avait qualifié, avec un sourire, de "communiste capitaliste". J'ai trouvé ça vachement juste, d'ailleurs.

J'ai passé 25 ans dans le bâtiment commercial, sans école de commerce, sans formation technique particulière, juste sur le relationnel et une confiance innée que les gens sentent et à laquelle ils répondent. Et aujourd'hui, avec Life for Care, la société que j'ai cofondée avec quatre autres associées thérapeutes, on cherche exactement ça : allier rendement et sens dans l'investissement. Parce que je crois — et mon parcours me l'a prouvé de façon spectaculaire — que la coopération n'est pas un frein à la réussite financière. C'est son moteur. Et certaines graines mettent quarante ans à germer, sans que ça les empêche de pousser haut.

CE QUE JE TE PROPOSE

Si tu as lu jusqu'ici, tu sais maintenant que je ne suis pas quelqu'un qui te parlera d'investissement depuis une tour d'ivoire avec un costume nickel et un PowerPoint bien léché. Je suis quelqu'un qui a traversé des épreuves vraiment fortes, qui a appris à écouter les signaux que la vie envoie, qui a compris — parfois dans la douleur — que l'argent sans sens ne tient pas, et que le sens sans rendement ne dure pas non plus.

Ce que je fais aujourd'hui avec Life for Care, c'est simple dans l'intention : je m'occupe de trouver des investissements qui ont du sens pour des gens qui ont un peu d'argent de côté — plus ou moins, selon leurs moyens — et qui ne savent pas vraiment où aller. Des gens qui veulent que leur argent travaille intelligemment, mais qui ne veulent pas non plus avoir les boules à chaque fois qu'ils regardent leur portefeuille parce que ça ne correspond pas à ce qu'ils sont.

Et puis, faut pas rêver, on a des investissements avec du sens, de l'écologie, et on fait aussi des investissements "traditionnels" mais en étant conscient de pourquoi on le fait et qu'est-ce qu'on fait avec. Et pour nous, ça, c'est porteur de sens.

Je ne suis pas là pour te vendre un rêve. Je suis là pour te proposer quelque chose de différent — plutôt un chemin alternatif à ce qui est connu, et tout en sachant que les investissements à haut rendement ne sont pas un long fleuve tranquille, on s'est efforcé de déblayer ce chemin, d'enlever les gros obstacles, pour qu'il soit le plus praticable pour toi.

Et si ce que tu viens de lire t'a parlé, alors on a probablement des choses à se dire.

Gilles

La morale

Quarante ans de racines invisibles prouvent que la coopération n'est pas un frein à la réussite financière, mais son moteur.

Mon histoire en images

Bande dessinée complète — Gilles LANGELLOTI

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